Le pillage, un vol maquillé

Le pillage, un vol maquillé

Lundi 19 Octobre 2026

Le pillage, un vol maquillé

Dans de nombreuses manifestations à travers le monde, les actes de pillage surviennent fréquemment, aussi bien en Afrique que sur les autres continents. Et il est regrettable de constater que des chrétiens figurent parfois parmi ceux qui se livrent à de tels actes.

Lorsqu’il s’agit d’un pillage collectif, les gens ont souvent tendance à en minimiser la gravité. Le caractère collectif de l’acte semble alors diluer la responsabilité de chacun, comme si le simple fait d’agir en groupe pouvait justifier ce qui est commis. Pourtant, le pillage n’est pas fondamentalement différent du vol : prendre ce qui appartient à autrui sans son consentement demeure un acte de vol. Et devant Dieu, le fait d’être nombreux à commettre une faute ne transforme pas celle-ci en un acte juste.


Peut-on donc se réclamer chrétien tout en pratiquant le vol ?

Lorsqu’un pillage est commis, qui en sont les victimes ? Ne sont-ce pas, bien souvent, nos propres frères et sœurs ? Le chrétien est appelé à reconnaître en chaque être humain un prochain digne de respect et de considération.

Il suffit de penser à ces commerçants qui se battent chaque jour pour nourrir leur famille. En l’espace d’une seule journée, ils peuvent tout perdre : un magasin saccagé, des marchandises emportées, des années d’efforts réduites à néant. Derrière chaque commerce détruit, il y a parfois un père de famille qui ne sait plus comment subvenir aux besoins des siens, ou une mère qui tient un petit commerce dans l’unique but de scolariser ses enfants et de leur offrir un avenir meilleur.

Piller, ce n’est donc pas simplement emporter des biens. C’est aussi priver des familles de leurs moyens de subsistance, compromettre l’avenir des enfants et anéantir le fruit du travail de personnes innocentes.

Le chrétien peut légitimement s’indigner face à une bavure, réclamer la vérité, soutenir une famille endeuillée et participer à une marche pacifique pour la justice. Cependant, la Bible nous rappelle un principe fondamental : « Car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (Jacques 1:20).

Autrement dit, une cause juste ne rend pas automatiquement justes tous les moyens employés pour la défendre. L’indignation face à l’injustice ne saurait devenir un prétexte pour commettre d’autres injustices.

La Parole de Dieu est également sans ambiguïté dans Exode 23:2 : « Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal. » tout comme le huitième commandement de la loi est totalement clair :  « Tu ne déroberas point »

Le chrétien n’est pas appelé à se laisser entraîner par l’ambiance du moment ni à suivre aveuglément la foule, au risque de commettre le mal. Il est appelé à rester fidèle à son Maître, quelles que soient les circonstances. Sa foi doit se manifester non seulement dans ses paroles, ses prières et ses chants, mais aussi dans ses actes, particulièrement lorsque la pression collective l’incite à agir contre ses convictions.

Ainsi, un chrétien surpris en train de piller ne transgresse pas seulement la loi civile : il contredit également les valeurs qu’il professe et risque de ternir le témoignage de son Seigneur. Comment annoncer l’Évangile de l’amour, de la justice et de l’intégrité tout en participant à la destruction des biens d’autrui ?


Le chrétien n’est donc ni indifférent face à l’injustice ni partisan de la violence. Il a faim et soif de justice, mais il sait que la justice ne se construit pas en reproduisant le mal que l’on dénonce.

Face à l’injustice, il élève la voix. Face à la tentation de la foule, il garde les mains propres. Et face aux biens d’autrui, il se souvient qu’aucune colère, aucune revendication et aucune mobilisation collective ne peuvent transformer le vol en un acte juste.

Car, même lorsqu’il est commis par une foule, le pillage reste un vol. Et le chrétien est appelé à défendre la justice sans jamais renoncer à l’intégrité.

 

Amiel Furahisha